(écrit le 27 septembre 2009)
Des exemples
"J’habitais dans une caravane, suite à un divorce et un licenciement. Un microcrédit personnel de 3000 euros m’a permis de donner une caution et un premier mois de loyer pour louer un studio. Cela m’a redonné envie de me battre. J’ai retrouvé un travail et j’ai pu enfin recevoir dignement mes enfants", explique Jérôme, 45 ans, ancien ouvrier dans le textile.
Eléna, 27 ans, faute d’économies suffisantes, ne pouvait pas payer les réparations de sa voiture : "J’habite en pleine campagne. Sans moyen de locomotion, je ne pouvais plus me rendre à mon travail et je risquais de le perdre. Avec un prêt de 650 euros, j’ai pu emmener ma voiture au garage et rembourser mon prêt par petites traites. Tout s’est arrangé"
Pour quels projets ?
De plus en plus d’associations d’insertion ou de lutte contre l’exclusion (Secours populaire, Restos du Coeur, Union nationale des associations familiales...), associées à des banques, gèrent ce dispositif pour aider les ptus démunis.
"Une personne qui touche le RSA, un ouvrier avec de faibles revenus, ou encore une mère de famille seule... peuvent emprunter des sommes allant de 300 à 3000 euros en moyenne. Bien sûr, l’emprunt doit être justifié : il sert à un projet d’insertion tel que l’acquisition d’une voiture, le passage du permis de conduire pour trouver ou maintenir un emploi, le financement d’un ordinateur ou des frais de concours pour un étudiant, l’accès à des soins de santé mal remboursés comme des lunettes ou un appareil auditif, l’avance des frais d’agence ou du dépôt de garantie pour un logement, la réponse à des difficultés financières suite à un décès ou un divorce... Nous les accompagnons, voyons s’il n’y a pas d’autres aides envisageables, puis nous montons un dossier", explique Mathilde Yvon, responsable du service microcrédit à l’Udaf 76 de Rouen.
Des aides financières individuelles
Les caisses d’allocations familiales (CAF) octroient également des aides financières directes sous forme, soit de subventions, soit de prêt sans intérêt. Ces aides, dénommées "Aides financières individuelles" (AFI), ont les mêmes caractéristiques que le microcrédit. Elles sont destinées aux personnes les plus démunies pour la réalisation de travaux (prêt à l’amélioration de l’habitat), l’équipement en électroménager ou en mobilier (prêt équipement familial), ou le changement de logement (prêt à l’installation). Pour en bénéficier, il faut en faire la demande auprès de votre CAF.
Inéluctable développement
Bien que 95 % des emprunteurs s’acquittent de leur dette, le micro-crédit personnel reste néanmoins peu exploité : seuls 3563 prêts ont été accordés l’an dernier. Les banques restent en effet encore à convaincre, malgré les nombreux dispositifs mis en place pour garantir les prêts.
Source : article de FLorence Massin, dans "Essentiel santé Magazine’ de Harmonie-Mutualité
Micro-crédit personnel, mode d’emploi
cela concerne des personnes à faibles revenus
il faut passer par un partenaire associatif :
- UDAF : départementale des associations familiales
- CAF : caisse d’allocations familiales
- Centre communal d’action sociale
alors un conseiller aide à constituer le dossier
montant de l’emprunt : entre 300 et 3000 €, intérêts de 2 % à 8 %
durée de remboursement : de 6 mois à 60 mois
Où s’adresser ?
Comptoir de vie : 02 40 77 51 76, asso.comptoirdevie@orange.fr
L’UDAF : la plaquette d’information
L’UDAF : les pièces nécessaires
Microcrédit professionnel
Coup de pouce pour les créateurs d’entreprise
Plus connu car plus ancien, le microcrédit professionnel est destiné aux entrepreneurs qui ne peuvent accéder au crédit bancaire.
Pour Cheikh Sali, conseiller crédit à l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) d’Argenteuil, en région parisienne, ce type de microcrédit est un tremplin : "Financer les frais d’installation, besoin d’un véhicule pour démarcher des clients, ou se constituer un premier stock pour vendre sur les marchés... Nous sommes ouverts à tous les projets professionnels. Nous prêtons en fonction des besoins et faisons en sorte que chacun puisse rembourser sereinement. 80 % des personnes aidées maintiennent leur activité, trouvent un CDI, ou se forment".
En vingt ans, l’Adie a octroyé plus de 65000 crédits, et a ainsi permis la création de 56000 entreprises et de près de 67000 emplois."
Mis en ligne le 30 juin 2010
Des courts-métrages pour le microcrédit
Dans sa dernière campagne publicitaire,l’Adie - association qui aide des personnes exclues du marché du travail à créer leur entreprise - défend le microcrédit en tant qu’"outil de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale". Afin de donner du corps et du cœur à son action, l’association a eu l’idée de donner à cinq jeunes réalisateurs l’opportunité de filmer leur vision du microcrédit et de la création d’entreprise. Parrainés par le cinéaste Olivier Assayas, ces cinq cinéastes issus des quartiers ont chacun été associés à cette campagne intitulée "L’Adie fait son cinéma" et visant aussi bien le grand public que les personnes en difficulté exclues du système bancaire classique. Les courts-métrages sont accessibles sur le site de l’association et seront aussi diffusés dans plusieurs grandes villes. La Semaine du Microcrédit, qui s’est déroulée du 1er au 5 juin, a été labellisée par l’Europe dans le cadre de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Renseignements
Voir ici : http://vosdroits.service-public.fr/...